Il était une fois en suisse…

Cela faisait maintenant plusieurs mois que j'attendais cet événement. Avec plusieurs vttistes français rencontrés sur internet, Thomas, Denis, Coincoinator (Ronan) et Eric, nous avions prévu de participer à la 11ème édition du Grand Raid Cristalp ce 20 août 2000. Venant de Bruxelles j'osais à peine imaginer ce qui nous attendaient dans les montagnes suisses et je ne fut pas déçu.

vendredi:

8h du mat, départ de Tervuren (c'est chez moi) en direction de Saverne en Alsace. J'arrive chez Denis environ 4h plus tard et on se fait un petit plat de pâte avant d'aller à Strasbourg pour rechercher Thomas à la gare. Une fois rentré chez Denis, on vide les sacs, on monte nos vélos et on se fait une petite sortie autour de Saverne, en allant regarder d'un plus près tout les châteaux-fort et les tours que l'on aperçoit depuis le jardin de Denis, en rentrant on passe chez Sako, un de ses potes, histoire de goûter à une spécialité locale, le Picon bière, 1/2 litre ca vous remet en forme assez rapidement ;-))) Les parents de Denis rentrent juste à temps pour nous préparer le dîner du soir, puis on va se coucher après avoir déjà rangé nos trois vtt dans la 306.

samedi:

On fourre tout ce qui reste comme sacs dans la bagnole et on part en direction de Verbier avec Eric qui nous suit dans sa voiture. En passant on récupère Coincoinator, près d'un cimetière dans un village qui porte le nom de St-Louis. Non, je suis pas superstitieux :-)) Nous arrivons à Verbier l'après midi. Le temps de récupérer les clefs de l'appartement, et de remonter les vélos, et on part chercher nos dossards, pour moi c'est le n°761. Au contrôle technique, un mécano en profite pour bien régler mes Magura et mon jeu de direction. Thomas, lui s'achète un nouveau cable de dérailleur. Après cela, on va chercher notre cadeau surprise, une radio qui fonctionne sans pile, soit à l'énergie solaire soit en remontant une manivelle. Ce fut bien pratique dans l'appartement. Une fois ces formalités accomplies, on s'installe à une terrasse pour déguster une bonne bière et manger un gros plat de pâte en prévision de la dure journée de demain. Je dois avouer que je n'ai pas bien dormit cette nuit la.

Dimanche, le jour J

5h du mat, le réveil sonne. On se fait un petit déjeuner de sportif, des pâtes et des Kellog's, puis direction la ligne de départ. Sur le coup de 7h, j'entends le départ des pro, moi je suis enfin libéré à 7h13.

C'est partit. Ca commence tout de suite sérieusement par 7 km d'ascension qui nous porte 684m plus haut. Je pars tranquillement mais ca ne vas pas fort, j'ai du mal à tourner les jambes. J'arrive an haut après environ 55 minutes. La descente est super rapide, je fais des pointes à plus de 60km/h, la suite est assez sympathique avec plusieurs côtes moins longues et chaque fois la descente qui suit. Ca ne va toujours pas très fort et je commence un peu à me demander qu'est ce que je fais ici. Thomas, partit 10 minutes après moi, me rattrape après environ 30km. On s'arrête pour la première fois au ravitaillement du km 40. A partir de la, ca ira beaucoup mieux pour moi. On continue le parcours en traversant un village bien raide et on passe le premier point de neutralisation (Hérémence) avec une demi-heure d'avance par rapport au temps prévu par l'organisation, il est donc 11h. Dans les montée, Thomas me lache sans arrêt mais il m'attend aux ravitaillements. A cet endroit, on va devoir se farcir la plus longe montée que j'ai jamais faite, 22km d'ascension pour 1010m de dénivelé.

Heureusement elle n'est pas trop dure mais elle est tellement longue que j'ai l'impression que ca finira jamais, en plus j'ai fortement mal au fesses. Au ravito, situé presque au sommet, j'ai toujours ma petite demi-heure d'avance sur les neutralisations. Je retrouve Thomas et Coincoinator, qui reparte quelque minute avant moi. Au sommet, on découvre un magnifique singletrack qui longe la crête dans des rochers et je dois parfois mettre pied a terre pour passer un passage technique. Je rattrape Coincoinator et on en profite pour prendre quelques photo.

Malheureusement je perdrai mon appareil jetable dans une des descentes suivantes. Celle qui suit est grandiose, 12km de descente avec 678m de dénivelé, je décide de la faire à fond et lache les freins et par la même occasion Coincoinator qui descent plus prudemment. Je dépasse plein de coureurs qui ont apparemment plus peur de la chute que moi, et qui s'arrêtent au abord des rochers alors que ca passe partout sur le vélo, même si ca secoue beaucoup avec mon SR. Mon compteur indiquera 81km/h, je n'avais jamais fait autant auparavant. En bas, à Evolène au km 90, j'ai toujours 30 minutes d'avance sur les neutralisations. En fait j'aurais 30 minutes jusqu'au bout. Je repart avec Thomas et Eric qui sont encore en bas. La montée suivante fait 7 km et il commence à faire très chaud car le soleil tape fort et le bidon récupéré au ravitaillement me sert surtout à m'arroser la tête pour me rafraîchir. A Eison, je fais le plein de thé dans le camelbak qui est maintenant vide et je prends aussi un bidon d'eau pour la douche portative. A partir de maintenant ca va être dur, 9km jusque La Vieille, dernier endroit de neutralisation, j'ai 1h30 pour y arriver. La montée est interminable, en plein soleil, j'ai pas vraiment mal au jambes mais j'ai horriblement mal au cul. Je croise plein d'autres coureurs qui montent à pied, moi-même je me suis arrêter 2 fois 1 petite minute pour soulager mon derrière. J'arrive à La Vieille vers 16h, et déguste le bouillon servit au ravito, pas de bol il n'y a plus de fromage. Il ne reste plus qu'environ 25km mais pas les plus faciles. Le portage jusqu'au pas de Lona à 2800m d'altitude est long et très très raide.

Cela me prend une bonne heure de marche dans de petits cailloux glissants. Au sommet ca caille, y'a du vent, je ne m'attarde pas, juste le temps de prendre du bouillon et du fromage.

Encore une petite descente, et enfin la dernière montée, seulement 2km mais je commence trouver le temps long et je marche un peu. Arrivé au sommet, je ne m'arrête pas et je croise la pancarte "arrivée 15km", et tout en descente, éh éh ca va gazer. Ca tabasse furieusement mais ca ne me ralentit pas, je double même plein de TS. Mon vélo fait un bruit de casserole et j'ai mal au main à force de serrer mon cintre. Soudain apparaît un lac artificiel d'une couleur turquoise magnifique, c'est vraiment génial. Je continue ma folle descente, un peu plus loin je double Thomas comme une flèche, vavavoum ;-))) Ca secoue de plus en plus, les cailloux deviennent plus gros et le terrain est fortement creusé mais je continue à fond, je veux arriver au bout le plus vite possible. On passe même quelques guets, et un peu de boue où mon expérience de la Belgique est fort utile. Le panneau "arrivée 500m" est en vue, la tente d'arrivée également. Malgré le fait que les premiers sont arrivés depuis de nombreuses heures il y a encore du monde pour nous applaudir, comme durant tout le parcours d'ailleurs, c'est vraiment sympa. Je passe la ligne après 11h11min, heureux d'avoir fini. J'aperçoit Denis qui nous attend depuis un moment car il a vachement bien roulé. Thomas arrive 5 minute après moi, Coincoinator un peu plus tard. On est de retour à Verbier assez tard vers 22h, on se raconte chacun notre course, nos anecdotes, on mange et on va se coucher, je dors beaucoup mieux cette nuit la ;-))

Lundi:

Le matin on fait un petit tour dans Verbier, on va manger une pizza, il fait un temps pourri, il pleut. On a vraimant eu du bol car sous la pluie je sais pas si j'aurais terminé. Puis, on rentre en France. On laisse Coincoinator près de Mulhouse et on va chez Denis.

Mardi:

le matin on visite un peu Strasbourg, on goûte une autre spécialité locale, la tarte flambée, vachement bon. On visite la cathédrale et on rammène Thomas à la gare ou on arrive juste à temps pour son train, à 5 minutes près il le ratait. Je rentre aussi chez moi par la route pour achever ce long weekend.

Voila, pour ma part ce fut génial, un parcours magnifique, la montagne est toujours aussi belle, une très bonne ambiance avec Thomas, Denis et Coincoinator. Une chose est sure, j'y retourne l'année prochaine.

Merci à Thomas et Ronan pour les photos

ps : merci à O2Bikers qui a publié ce compte rendu dans son magazine de septembre 2000